Combien coûte un abonnement électrique triphasé pour professionnels ?

Artisan consultant compteur Linky triphasé dans son atelier professionnel
26 février 2026

Information importante

Les tarifs présentés sont indicatifs et peuvent varier selon votre situation et les évolutions réglementaires. Vérifiez les grilles en vigueur auprès de votre fournisseur avant toute décision.

La semaine dernière, une coiffeuse d’Annecy m’a appelé, paniquée. Sa facture annuelle dépassait 3 500 € et elle ne comprenait pas pourquoi. Après analyse, le verdict était simple : elle payait un abonnement 36 kVA alors que son salon tournait tranquillement à 18 kVA. Surcoût annuel ? Environ 200 €. Sur l’abonnement seul.

Selon la délibération CRE janvier 2026, les tarifs réglementés pour les professionnels restent stables au 1er février 2026, avec même une légère baisse de 1,58 % TTC pour le Tarif Bleu non résidentiel. Bonne nouvelle ? Oui. Mais ça ne change rien si votre puissance est mal calibrée.

L’essentiel sur les tarifs triphasé pro en 30 secondes

  • Abonnement annuel : entre 290 € (18 kVA) et 500 € (36 kVA) en option Heures Creuses
  • Prix du kWh : autour de 12,7 c€ en Heures Pleines, 10 c€ en Heures Creuses
  • Éligibilité tarif réglementé : TPE de moins de 10 salariés et CA sous 2 M€
  • L’option Base n’existe plus en triphasé depuis février 2026

Les vrais tarifs d’un abonnement triphasé en février 2026

Oubliez les grilles illisibles avec 47 colonnes. Je vais vous donner les chiffres qui comptent vraiment pour une TPE. Depuis le 1er février 2026, un changement majeur est intervenu : la CRE a supprimé l’option Base pour les puissances 18 à 36 kVA. Concrètement, si vous êtes en triphasé professionnel, vous êtes désormais en option Heures Pleines/Heures Creuses. Point.

Voici le récapitulatif des coûts mensuels et annuels pour les puissances les plus courantes chez les artisans et commerçants que j’accompagne :

Abonnement et prix kWh triphasé professionnel – Tarif réglementé février 2026
Puissance Abonnement annuel kWh Heures Pleines kWh Heures Creuses
18 kVA ~291 € 12,74 c€ 10,05 c€
24 kVA ~370 € 12,74 c€ 10,05 c€
36 kVA ~501 € 12,74 c€ 10,05 c€

Ces montants incluent la Contribution Tarifaire d’Acheminement (CTA), qui a d’ailleurs baissé de 21,93 % à 15 % au 1er février. Petit cadeau de la CRE : ça représente environ 10 € d’économie annuelle. C’est toujours ça de pris.

Gérante de commerce analysant sa consommation électrique sur ordinateur
Comparer les options tarifaires demande de connaître son profil de consommation

-1,58%

Baisse du Tarif Bleu non résidentiel au 1er février 2026

Option Base ou Heures Creuses : laquelle choisir selon votre activité

Soyons clairs : si vous êtes en triphasé 18 kVA ou plus, la question ne se pose plus depuis février 2026. L’option Base a été supprimée pour ces puissances. Mais je vois encore des professionnels en monophasé 12 ou 15 kVA hésiter. Et ceux qui viennent de passer en triphasé se demandent si les Heures Creuses valent le coup. Je vous explique comment trancher.

Option Base : pour qui (et pourquoi je la recommandais souvent)

L’option Base, c’était la simplicité absolue. Un seul prix du kWh, 24h/24. Pas de prise de tête. Pour les activités avec une consommation régulière en journée — coiffeurs, commerces de détail, bureaux — c’était souvent le choix le plus rationnel. Malheureusement, cette option n’est plus disponible pour les puissances triphasées. Si vous y étiez, vous avez été basculé automatiquement en Heures Pleines/Creuses.

Pour ceux qui cherchent à comparer les tarifs EDF pro triphasé avec d’autres options, gardez en tête que le prix de l’abonnement en HP/HC est légèrement plus élevé qu’en Base. La question devient donc : allez-vous consommer assez en Heures Creuses pour compenser ?

Option Heures Pleines/Creuses : le calcul qui change tout

L’option HP/HC vous donne 8 heures par jour à tarif réduit (environ 10 c€/kWh au lieu de 12,7 c€). Ça représente une différence de 21 % sur le prix du kWh. Pas négligeable. Mais attention au piège classique : il faut que minimum 35 à 40 % de votre consommation tombe dans ces créneaux pour que ça devienne intéressant.

Franchement, pour un restaurant qui tourne midi et soir, c’est rarement le cas. Pour un boulanger qui fait cuire ses pains à 4h du matin ? Là, ça peut valoir le coup.

Base ou HP/HC : le choix en 3 questions

  • Votre activité tourne principalement entre 8h et 18h :

    Les Heures Creuses ne vous serviront pas. L’option HP/HC vous coûtera plus cher (abonnement majoré sans bénéfice sur le kWh).
  • Vous avez des équipements programmables (chauffage, chauffe-eau, machines) :

    Programmez-les en heures creuses. Si ça représente plus de 40 % de votre conso, l’option HP/HC devient avantageuse.
  • Vous êtes artisan avec production nocturne ou matinale :

    Boulanger, imprimeur, industriel léger : vérifiez vos créneaux. Les Heures Creuses peuvent générer 150 à 250 €/an d’économies.

Comment identifier la puissance adaptée à votre local

L’erreur que je vois le plus souvent ? Le surdimensionnement. Dans mon accompagnement de TPE, je constate régulièrement que la puissance souscrite dépasse les besoins réels de 30 à 50 %. Sur les dossiers que j’ai traités ces deux dernières années, cette erreur génère un surcoût de 80 à 150 €/an sur l’abonnement seul. Ce constat est limité à mon périmètre d’intervention et peut varier selon le secteur d’activité et les équipements.

Cas concret : Didier, menuisier à Villefranche-sur-Saône

J’ai accompagné Didier l’année dernière. Atelier de 120 m² avec machines-outils classiques : scie à ruban, dégauchisseuse, raboteuse. Son fournisseur précédent lui avait collé un abonnement 36 kVA « pour être tranquille ». Après analyse de ses factures sur 12 mois, sa consommation réelle plafonnait à 18 kVA, avec des pics ponctuels à 22 kVA quand il faisait tourner deux machines simultanément.

Résultat après passage à 24 kVA : économie de 130 €/an. Sans aucun changement dans son activité.

La règle empirique que j’utilise : si votre puissance appelée maximale (visible sur Linky ou facture) ne dépasse jamais 70 % de votre puissance souscrite, vous payez probablement trop cher. C’est aussi simple que ça.

Atelier de menuiserie avec machines-outils professionnelles branchées
Évaluer sa puissance nécessite de lister tous les équipements susceptibles de fonctionner simultanément

Pour vérifier si votre contrat est bien dimensionné, vous pouvez appliquer les critères pour choisir votre fournisseur d’énergie en commençant par l’audit de puissance. C’est la base.

Votre puissance est-elle adaptée ? Vérification en 5 points

  • Relevez votre puissance maximale atteinte sur les 12 derniers mois (espace client Enedis ou facture)

  • Comparez avec votre puissance souscrite actuelle

  • Si le ratio est inférieur à 70 %, envisagez une baisse de puissance

  • Listez vos équipements à forte puissance (climatisation, four, machines)

  • Évaluez si ces équipements fonctionnent réellement en simultané

Tarif réglementé ou offre de marché : ce que les démarcheurs ne vous disent pas

Ce qui me met hors de moi avec les démarcheurs téléphoniques, c’est leur façon de présenter les « économies garanties » sans jamais expliquer les conditions. Selon le médiateur national de l’énergie, plus de 50 % des réclamations de professionnels concernent les frais de résiliation anticipée. Autrement dit : des gens qui ont signé une offre « miracle » et se sont retrouvés coincés.

D’abord, vérifions si vous êtes éligible au tarif réglementé. Selon les critères officiels, une TPE peut bénéficier du Tarif Bleu si elle remplit trois conditions : moins de 10 salariés, chiffre d’affaires annuel inférieur ou égal à 2 millions d’euros, et puissance souscrite de 36 kVA maximum. Si vous cochez ces cases, vous avez accès au tarif fixé par la CRE. C’est une protection.

Les 3 pièges des démarcheurs téléphoniques

  • Prix d’appel trompeur : Le tarif annoncé est souvent HT, hors taxes et hors TURPE. Comparez toujours en TTC tout compris.
  • Engagement caché : Certains contrats incluent 12 à 24 mois d’engagement avec frais de résiliation pouvant atteindre 20 % de la consommation restante.
  • Indexation non expliquée : Un prix « fixe » peut être indexé sur l’ARENH ou le marché de gros. Lisez les petites lignes.

Mon conseil systématique : ne signez jamais par téléphone. Demandez le contrat par écrit, comparez-le ligne par ligne avec votre tarif actuel. Et si le commercial refuse de vous envoyer les conditions générales, raccrochez. C’est un signal d’alerte suffisant.

Pour les professionnels qui souhaitent comparer objectivement les offres sans tomber dans ces pièges, un accompagnement par des courtiers en énergie peut faire la différence. Un intermédiaire indépendant n’a pas d’intérêt à vous vendre une offre inadaptée.

Bon à savoir : Le changement de fournisseur est gratuit et sans coupure. Depuis l’ouverture du marché, la procédure prend environ 21 jours et votre nouveau fournisseur s’occupe de résilier l’ancien. Vous ne risquez aucune interruption de service.

Vos questions sur l’abonnement triphasé professionnel

Puis-je passer de triphasé à monophasé pour payer moins cher ?

Techniquement oui, mais c’est rarement une bonne idée. Le passage au monophasé nécessite une intervention d’Enedis (environ 170 €) et surtout, vous perdez la capacité à faire fonctionner des équipements triphasés (certaines machines-outils, gros climatiseurs). Évaluez d’abord si une simple baisse de puissance en triphasé ne suffirait pas.

Le changement de fournisseur va-t-il couper mon électricité ?

Non, jamais. C’est une crainte fréquente mais infondée. Le réseau physique reste géré par Enedis, quel que soit votre fournisseur. La transition se fait de façon transparente, généralement en 21 jours, sans aucune interruption.

Comment savoir si je suis éligible au tarif réglementé ?

Trois critères cumulatifs selon le Code de l’énergie : moins de 10 salariés, chiffre d’affaires ou bilan annuel inférieur à 2 millions d’euros, et puissance souscrite de 36 kVA maximum. Si vous dépassez l’un de ces seuils, vous êtes obligatoirement en offre de marché.

Mon abonnement va-t-il augmenter en 2026 ?

Pour février 2026, la CRE a annoncé une stabilité globale, voire une légère baisse de 1,58 % TTC pour les professionnels. La CTA passe de 21,93 % à 15 %, ce qui compense la hausse de l’accise sur l’électricité. Les prochaines révisions sont prévues en août 2026.

Que se passe-t-il si je dépasse ma puissance souscrite ?

Avec un compteur Linky, le disjoncteur ne saute plus immédiatement. Le compteur enregistre le dépassement et vous êtes facturé en supplément selon les conditions de votre contrat. Répétés, ces dépassements peuvent justifier une augmentation de puissance. Surveillez vos alertes dans l’espace Enedis.

Et maintenant ?

Avant de renégocier quoi que ce soit, prenez 10 minutes pour consulter votre espace client Enedis. Relevez votre puissance maximale atteinte sur 12 mois. Si elle ne dépasse pas 70 % de votre puissance souscrite, vous avez probablement une marge d’économie immédiate, sans changer de fournisseur.

Plutôt que de conclure, posez-vous cette question pour la suite : préférez-vous économiser 100 € par an en ajustant votre puissance, ou continuer à payer pour une capacité que vous n’utilisez jamais ?

Précisions sur les tarifs février 2026

  • Les tarifs indiqués sont ceux en vigueur à date de publication et peuvent évoluer lors des révisions CRE
  • L’éligibilité au tarif réglementé dépend de critères spécifiques à vérifier auprès de votre fournisseur
  • Chaque situation professionnelle nécessite une analyse personnalisée de la puissance adaptée

Pour une analyse complète de votre situation, consultez un courtier en énergie ou un conseiller EDF Entreprises.

Lucas Moreau, consultant en optimisation énergétique pour professionnels depuis 2018. Basé à Lyon, il accompagne TPE et artisans dans le choix et la renégociation de leurs contrats d'électricité et de gaz. Son approche terrain privilégie l'analyse des factures réelles et la comparaison objective des offres. Il intervient régulièrement en formation auprès de chambres de métiers sur la maîtrise des charges énergétiques.

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