36 kVA par précaution. Quand j’ai audité le contrat de Sophie, menuisière à Nantes, j’ai découvert cette erreur classique. Son prédécesseur avait souscrit la puissance maximale « au cas où ». Résultat : 180€ de trop chaque année sur l’abonnement seul. Ce genre de situation, je la croise régulièrement chez les artisans qui reprennent un local. Le triphasé, personne ne leur a vraiment expliqué comment ça fonctionne — ni surtout comment éviter de surpayer.
Information importante
Les tarifs mentionnés sont indicatifs et peuvent évoluer. Vérifiez les grilles en vigueur auprès de votre fournisseur avant toute souscription.
L’essentiel sur votre abonnement triphasé en 4 points
- Le triphasé s’impose au-delà de 18 kVA ou pour certains équipements industriels
- 80% des artisans peuvent se contenter de 18-24 kVA, le 36 kVA est souvent surdimensionné
- L’option HP/HC devient rentable si vous consommez au moins un tiers de votre électricité en heures creuses
- Les tarifs réglementés restent accessibles aux TPE de moins de 10 salariés
Triphasé ou monophasé : ce qui change vraiment pour votre activité
Soyons clairs : le triphasé n’est pas un luxe réservé aux grosses industries. C’est une nécessité technique pour certains équipements — et une option inutile pour beaucoup d’autres. La vraie question n’est pas « faut-il du triphasé ? » mais « mes machines l’exigent-elles ? ».
Votre installation est en triphasé quand la puissance dépasse 18 kVA. Le compteur répartit alors l’électricité sur trois phases distinctes au lieu d’une seule. Concrètement, ça permet d’alimenter des équipements gourmands sans faire sauter le disjoncteur toutes les heures. Mais attention : si vous n’utilisez pas cette capacité, vous payez un abonnement triphasé pour rien.
Dans mon accompagnement de TPE, je constate que beaucoup de professionnels restent en triphasé « par défaut » alors qu’un monophasé 12 kVA suffirait. L’inverse est plus rare mais tout aussi coûteux : j’ai vu des ateliers en monophasé forcés d’étaler leurs usages dans le temps pour éviter les coupures. D’après la communication officielle EDF février 2026, les critères d’éligibilité aux tarifs réglementés ont évolué : seules les TPE de moins de 10 salariés et moins de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires y ont accès. Une donnée à vérifier avant de souscrire.
Quand le triphasé devient obligatoire : Moteurs électriques de forte puissance (compresseurs, machines-outils industrielles), fours professionnels au-delà de 6 kW, chambres froides avec groupe froid puissant, plusieurs équipements gourmands fonctionnant simultanément.
Mon conseil ? Listez vos équipements, notez leur puissance (inscrite sur la plaque signalétique), et calculez ce qui tourne en même temps. Ça prend 20 minutes et ça peut vous économiser 150€ par an.
Quelle puissance triphasée choisir selon votre métier
L’erreur que je vois le plus souvent ? Le professionnel qui demande « la puissance maximale, comme ça je suis tranquille ». Sauf que tranquille, ça coûte cher. La différence entre un abonnement 18 kVA et un 36 kVA tourne autour de 200€ par an. Sur cinq ans, vous avez payé un bel équipement… pour rien.

Quelle puissance pour votre activité ?
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Si vous avez des machines-outils puissantes (scie à format, raboteuse, compresseur) :
Optez pour 24-30 kVA. Prévoyez une marge de 20% pour les démarrages simultanés.
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Si vous gérez une chambre froide ou un four électrique pro :
Comptez 24-36 kVA selon la taille de l’équipement. Le groupe froid seul peut consommer 8-12 kVA.
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Si votre activité est tertiaire (bureau, conseil, services) :
12-18 kVA suffisent largement. Le triphasé n’est probablement pas nécessaire.
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Si vous tenez un petit commerce sans équipement lourd :
18 kVA couvrent 90% des besoins. Montez à 24 kVA uniquement si vous avez climatisation et chambre froide.
Le choix du bon contrat d’énergie passe d’abord par un dimensionnement correct. Trop souvent, les professionnels se fient à ce que leur a dit le précédent occupant — sans vérifier si leurs propres usages correspondent.
Artisan avec machines-outils : 18 à 24 kVA
Je pense à ce menuisier de Vendée que j’ai accompagné l’an dernier. Il avait hérité d’un contrat 36 kVA, héritage d’un ancien occupant qui faisait de la métallerie. Après audit de ses équipements — une scie à format, une dégauchisseuse et un aspirateur industriel — on est passé à 24 kVA. Le dimensionnement tenait compte du fait qu’il n’allume jamais tout en même temps. Économie : environ 160€ par an.
Commerce avec chambre froide : 24 à 30 kVA
La chambre froide est le poste le plus gourmand. Un groupe froid de taille moyenne consomme 4 à 8 kVA à lui seul. Ajoutez l’éclairage, la caisse, la climatisation l’été : vous arrivez vite à 20-25 kVA de besoin réel. Le 30 kVA offre une marge confortable sans tomber dans l’excès du 36 kVA.
Bureau ou local tertiaire : 12 à 18 kVA suffisent
Franchement, si votre activité se résume à des ordinateurs, un photocopieur et une machine à café, le triphasé est un luxe inutile. Un monophasé 12 kVA fait le travail. Je ne compte plus les cabinets de conseil ou agences qui paient un abonnement triphasé 18 kVA sans aucune raison technique.
Le piège du surdimensionnement : Dans mon accompagnement de TPE, je constate régulièrement des professionnels ayant souscrit 36 kVA par sécurité alors que 18 ou 24 kVA auraient suffi. Sur les dossiers que j’ai traités, ce surdimensionnement représente souvent 130 à 200€ de surcoût annuel évitable. Ce constat reste limité à mon périmètre d’intervention et peut varier selon les équipements spécifiques de chaque activité.
Option base ou heures creuses : le calcul qui fait la différence
Voici le dilemme que tous mes clients me posent : base ou HP/HC ? La réponse dépend entièrement de VOS horaires de travail, pas d’une règle universelle.

Selon les recommandations du Médiateur national de l’énergie, l’option heures creuses devient avantageuse si vous réalisez au minimum un tiers de votre consommation totale pendant ces plages. Les heures creuses représentent 8 heures par jour, généralement la nuit et parfois en milieu de journée selon votre commune.
Pour consulter les grilles détaillées de l’abonnement triphasé EDF tarif actualisé, les écarts sont significatifs : le kWh en heures creuses tourne autour de 9,89 c€ contre 13,51 c€ en heures pleines. L’option base se situe entre les deux, à environ 12,74 c€/kWh.
| Critère | Option Base | Option HP/HC | Verdict |
|---|---|---|---|
| Prix kWh moyen | 12,74 c€ | 11,70 c€ (si 40% HC) | HP/HC si usage nocturne |
| Coût annuel estimé | ~1 530€ | ~1 404€ | Économie ~126€/an |
| Profil idéal | Horaires 8h-18h fixes | Démarrage avant 7h ou après 22h | Analysez vos pics |
| Complexité gestion | Aucune | Programmer équipements | Base plus simple |
Cas concret : Gérard, boulanger en zone rurale
J’ai accompagné Gérard l’année dernière lors de sa reprise d’une boulangerie. Il avait hérité d’un contrat 36 kVA option base, alors que son four triphasé fonctionnait principalement de nuit. En passant à 24 kVA HP/HC — adapté à ses horaires de cuisson entre 3h et 7h du matin — l’économie a été immédiate : 45€ de moins par mois sur sa facture. Sur l’année, ça représente 540€ récupérés, soit presque un mois de farine.
Selon la délibération CRE de janvier 2026, les tarifs réglementés pour les professionnels ont baissé de 1,58% TTC au 1er février. Une bonne nouvelle si vous êtes éligible — ce qui exclut les entreprises de plus de 10 salariés.
Mon conseil terrain : Si vous démarrez vos machines avant 7h ou travaillez après 22h régulièrement, l’option HP/HC est presque toujours rentable. Sinon, restez en base : la simplicité vaut parfois les quelques euros d’écart.
Vos questions sur l’abonnement triphasé professionnel
Voici les interrogations que je reçois le plus souvent lors de mes accompagnements. Les réponses sont volontairement directes — pour les cas particuliers, un audit personnalisé reste indispensable.
Peut-on passer de triphasé à monophasé ?
Oui, si vos besoins ne dépassent pas 12 kVA. La demande se fait auprès d’Enedis via votre fournisseur. Comptez 15 à 30 jours de délai et vérifiez que vos équipements fonctionnent en monophasé avant de vous engager. Le passage inverse (monophasé vers triphasé) est plus complexe et peut nécessiter des travaux sur votre tableau électrique.
Comment savoir si je suis éligible aux tarifs réglementés ?
Vous devez remplir deux conditions cumulatives : moins de 10 salariés ET un chiffre d’affaires ou bilan inférieur à 2 millions d’euros. Depuis 2025, l’éligibilité ne dépend plus de la puissance souscrite mais de la taille économique de votre entreprise. Vérifiez chaque année car votre croissance peut vous faire sortir du dispositif.
Quel délai pour changer de puissance souscrite ?
En pratique, comptez environ 3 à 4 semaines du début à la fin : demande au fournisseur (J+0), validation technique Enedis (J+5 à J+10), intervention compteur si nécessaire (J+15 à J+20), puis activation du nouveau contrat (J+30). Ces délais peuvent varier selon la charge de travail d’Enedis dans votre région.
L’option Tempo est-elle disponible pour les pros ?
L’option Tempo existe chez EDF pour les professionnels éligibles aux tarifs réglementés. Elle propose des prix très bas 300 jours par an mais très élevés les 22 jours rouges (pics hivernaux). Rentable uniquement si vous pouvez réduire drastiquement votre consommation ces jours-là — ce qui exclut la plupart des commerces et ateliers.
Combien coûte un changement de compteur triphasé ?
Un simple changement de puissance sur compteur Linky existant est généralement gratuit ou facturé quelques dizaines d’euros. En revanche, si votre installation nécessite un nouveau branchement ou des travaux de raccordement, les frais peuvent atteindre plusieurs centaines d’euros. Demandez un devis à Enedis avant de vous engager.
Si vous souhaitez aller plus loin dans l’optimisation, consultez les critères pour choisir votre fournisseur d’énergie : le tarif réglementé n’est pas toujours l’option la plus économique selon votre profil de consommation.
Précisions sur les tarifs 2026
- Les tarifs indiqués sont ceux du Tarif Bleu EDF au 1er février 2026 et peuvent être révisés
- L’éligibilité aux tarifs réglementés dépend de critères spécifiques à vérifier auprès de votre fournisseur
- Les offres de marché varient selon les fournisseurs et les périodes — un comparateur agréé peut vous aider à trancher
En cas de doute sur votre situation, le Médiateur national de l’énergie propose un service gratuit d’information.
